À La Haye comme en France, Nicolas Guillou décrit une vie quotidienne bouleversée, puisque les sanctions américaines bloquent désormais ses paiements, ses comptes numériques et certains remboursements de santé. Le juge français de la Cour pénale internationale présente ainsi son cas comme une démonstration concrète des dépendances européennes aux infrastructures américaines, qu’elles soient bancaires, numériques ou assurantielles.
Le magistrat intervient publiquement après son audition du 8 avril devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les dépendances structurelles du numérique, au cours de laquelle il affirme que “ce qui [lui] est arrivé peut arriver à chacun”. Il explique qu’il figure, depuis août 2025 selon les sources consultées, sur une liste de sanctions gérée par l’OFAC, après avoir approuvé un mandat d’arrêt de la CPI visant le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Parce que ces mesures interdisent à toute personne ou entreprise américaine, y compris via des filiales, de lui fournir un service, leurs effets dépassent largement l’interdiction de territoire ou le gel d’avoirs.
Dans les faits, Guillou affirme avoir perdu l’accès à Gmail, Netflix, à des services de réservation et à sa carte bancaire française, celle-ci reposant sur les réseaux Visa ou Mastercard, alors même qu’elle est émise en France. Il soutient aussi que des entreprises européennes appliquent, par précaution juridique, ces restrictions américaines, ce qu’il qualifie de “surconformité”, puisqu’Axa et MSH International auraient cessé de traiter certains remboursements de santé malgré l’absence, selon lui, de lien direct avec les États-Unis. Cette mécanique alimente sa formule centrale, selon laquelle sa vie personnelle serait devenue “un laboratoire de la perte de souveraineté”.
Au-delà de son cas, le juge alerte sur un risque institutionnel, car la menace de sanctions ciblées pourrait influencer procureurs, parlementaires ou régulateurs européens avant même toute décision sensible. Il appelle donc à activer le règlement européen de blocage, un instrument juridique que la Commission n’a pas enclenché à ce stade, alors qu’il viserait précisément à empêcher l’application en Europe de sanctions extraterritoriales étrangères. Source 1 Source 2 Source 3
Cette affaire montre qu’une décision américaine produit des effets concrets sur un citoyen européen, y compris en France, et elle mérite désormais des réactions argumentées dans le débat public.


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